La planète des femmes

À sept cents années-lumière de la Terre, autour d’une étoile rouge, gravite une planète dont les habitants ressemblent trait pour trait aux êtres humains. Les femmes y sont d’une beauté surnaturelle. Comme elles ont beaucoup de loisirs et ont un tempérament très chaud, le sexe est leur passe-temps favori. Elles apprécient particulièrement les hommes de la Terre, surtout ceux que la nature a pourvus d’une imposante virilité. C’est ce qui vaudra à Mathieu, jeune homme bien membré, d’être « invité » chez elles. Il en sera ravi mais devra apprendre à obéir à sa maîtresse Kaenima, car ce sont les femmes qui détiennent l’autorité. Il découvrira aussi certains aspects plus sombres de cette planète, où il n’y a pas que la végétation qui est noire.

La planète des femmes | Erika Sauw

Format ePuB ou Amazon Kindle

53 pages (format PDF)

Prix : 2,49 €

ISBN : 979-10-91549-66-0


Extrait

La musique tonnait si fort qu’il était impossible de se parler, et des lumières aux vives couleurs voltigeaient au-dessus de la piste de danse. Des corps y bougeaient, s’y convulsaient, se frottaient les uns contre les autres. Des parfums de femmes se mêlaient à des odeurs masculines, à des relents d’alcool et à celle du désir, omniprésente dans cette assemblée chauffée au rouge.
Julie était une adolescente peu habituée aux boîtes de nuit. Elle avait rencontré Mathieu, un jeune homme de dix-neuf ans, elle ne savait trop comment, puis elle s’était laissée entraîner en mini-jupe dans ce lieu de dévergondage et se prenait en plein visage l’haleine avinée de son compagnon. Il se trémoussait tout contre elle, les mains voyageant entre son dos et ses fesses, s’insinuant parfois sous sa minijupe et flattant sa culotte de coton, ou bien descendant plus bas, sur ses cuisses. Elle sentait le pantalon de Mathieu enfler, juste sous la ceinture, quand leurs bassins se pressaient l’un contre l’autre. Mais elle était enivrée par la musique et les lumières, par les sensations que lui procuraient les caresses de Mathieu.
C’était la première fois qu’elle s’abandonnait ainsi dans les bras d’un garçon, et pour le moment, elle ne pensait qu’à faire durer cette valse des émotions. Son intensité monta brusquement quand Mathieu posa ses lèvres sur les siennes. Ils continuèrent leur slow langoureusement soudés par la bouche. La jeune fille ne réagit que lorsque la langue de son cavalier pénétra trop profondément en elle. Gênée, elle tenta de se libérer. Mathieu lui dit alors quelque chose qu’elle ne comprit pas.
« Hein ? cria-t-elle.
— Allons dehors ! »
Elle lui obéit.
Ils quittèrent la boîte de nuit sans s’écarter d’un cheveu, collés ensemble comme deux aimants. La musique bourdonnait toujours dans leurs oreilles tandis qu’ils marchaient dans la rue silencieuse et arrosée par l’éclat des lampadaires. La chaleur torride de la journée commençait seulement à s’alléger. Au-dessus des toits, les étoiles scintillaient. Si les deux jeunes gens y avaient fait attention, ils auraient vu l’une d’elles se déplacer lentement.
« Où est-ce que tu m’emmènes ? demanda Julie.
— Nulle part. Je veux juste marcher un peu.
— Il va falloir que je rentre chez moi.
— Je veux profiter de toi. T’es une fille archibandante.
— Bandante, moi ?
— Oui. »
Les doigts de Mathieu serrèrent plus fort ceux de Julie, qui commença à se sentir un peu mal à l’aise. Elle se retrouvait dans des rues qu’elle n’avait jamais parcourues, et qui étaient plutôt mal éclairées.
« Je veux rentrer chez moi, répéta-t-elle.
— Attends. »
Le jeune homme s’arrêta subitement et la plaqua contre une porte.
« Tu me fais trop envie », murmura-t-il.
Aussitôt, il glissa une main entre les cuisses de Julie et chercha sa petite fente à travers sa fine culotte.
« Non, fit-elle.
— Tu n’as pas envie de moi ?
— Si, mais… pas ici.
— Tu n’as jamais rêvé de faire l’amour sous une porte ?
— Je ne veux pas faire l’amour ! Je veux rentrer chez moi.
— Tu vas voir, ça va bien se passer. Je veux d’abord que tu voies ma bite. T’en as jamais vu, hein ? »
Julie aurait préféré se sauver, mais elle était coincée entre la porte et le corps massif du jeune homme. Autour d’elle, toutes les fenêtres étaient noires. Les habitants devaient dormir d’un sommeil profond. Cette scène n’aurait aucun témoin.
Mathieu se décolla heureusement d’elle, mais pour ouvrir son bermuda et baisser son boxer. Il en tira un appendice qui se dressa et s’allongea jusqu’à frôler les vingt centimètres.
« Alors, elle est belle, ma queue, hein ? » susurra-t-il avec une pointe de perversité dans sa voix.
Il imaginait déjà comment il allait l’enfoncer dans le sexe de sa compagne. Quant à elle, c’était la première fois qu’elle voyait un pénis. Elle en était plutôt effrayée, car elle se demandait comment un dard aussi gros allait pouvoir pénétrer son vagin encore vierge. Bien sûr, Mathieu ne lui demanderait pas son autorisation. Même s’il était resté tendre, elle commençait à sentir l’odeur âcre du viol.
« Faut pas avoir peur, dit-il. Touche ma bite. Toutes les nanas adorent ça. Je te demande juste de me branler un peu. »
Elle referma sa main sur l’instrument de son futur supplice et constata à quel point il était dur, et pourtant recouvert d’une peau étonnamment souple.
Mais brusquement, une lumière éblouissante envahit la rue, obligeant Julie à fermer les yeux pour ne pas être aveuglée. Il lui fallut même plaquer les mains sur son visage, car ses paupières n’étaient pas un barrage suffisant.
Cela ne dura que quelques secondes. Quand l’adolescente, effrayée par ce phénomène incompréhensible, se risqua à rouvrir les yeux, elle était seule dans la rue.
Mathieu avait disparu.

Le jeune homme se réveilla sous une lumière beaucoup plus douce mais qui paraissait l’envelopper entièrement. Il eut l’impression avoir un dôme blanc autour de lui. Quand il recouvrit entièrement son sens de la vue, il y distingua des raies sombres.
Il s’aperçut également qu’il était allongé nu sur un lit, la tête posée sur un oreiller assez dur, et qu’il bandait comme lors d’une érection matinale. En se redressant, il se retrouva face à une femme d’une beauté hallucinante, aux cheveux noirs et aux yeux verts en amande, dont la peau laiteuse était comme un jade souple. De plus, elle portait un costume aussi léger que des volutes de fumée, qui laissait ses jambes et ses bras nus et ne dissimulait pas grand-chose d’une opulente poitrine aux mamelons bruns. Une épaisse ceinture dorée entourait sa taille, incrustée d’étranges pierres dont certaines paraissaient clignoter.
Putain, la meuf ! s’écria-t-il en son for intérieur.
Il n’était pas au bout de ses surprises, car plusieurs autres créatures tout aussi splendides se trouvaient dans cette étrange pièce et s’approchèrent de lui.
« Il est pleinement réveillé, déclara la femme aux cheveux noirs.
— Tension vasculaire et rythme cardiaque normal, confirma une autre nymphe aux cheveux bruns, en regardant un gros bracelet entourant son poignet droit.
— Où est-ce que je suis ? demanda Mathieu.
— Tu as été transporté sur la planète Gamma Pictoris, répondit la première femme. Mon nom est Kaenima. C’est moi qui serai ta maîtresse.
— Ma maîtresse ?
— Oui. Je suis chargée de te dresser et de te surveiller.
— Mais c’est quoi, cette planète ? Je comprends rien à votre histoire.
— C’est une planète qui gravite autour d’une étoile située à sept cents années-lumière du soleil… de là où tu viens. Tu es resté en hypersommeil durant un mois. »
Mathieu regarda autour de lui et fut frappé par l’étrangeté des lieux. Il se trouvait bien sous un dôme de verre partiellement enterré, meublé d’autres lits et de meubles ou d’appareils impossibles à identifier. La chaleur y était forte, ce qui permettait à tout le monde d’y évoluer nu ou presque. Dans le ciel, un soleil rougeâtre brillait.
Une part de son esprit resta pourtant incrédule.
« Eh, dites, les gonzesses, vous n’êtes pas en train de vous payer ma tête ? fit-il. Je ne serais pas dans un studio de cinéma, ou un truc comme ça ?
— Non, tu n’es pas dans un studio, répondit très sérieusement Kaenima. En te promenant dehors, tu comprendras vite que tu n’es plus sur la Terre.
— Mais alors, qu’est-ce que je fous là ?
— Nous t’avons choisi parce que tu as une très belle verge. Les mâles de chez nous n’en ont jamais d’aussi grandes. »
Kaenima caressa le phallus de Mathieu, qui s’assit sur le lit. Ses pieds touchèrent le sol.
« Ton rôle sera de nous donner du plaisir, précisa-t-elle.
— Quoi ? Vous voulez que je vous baise ? C’est ça ?
— Oui, c’est exactement ça.
— Ben alors… »
Mathieu observa de nouveau les beautés qui l’entouraient et se crut au paradis. Elles avaient toutes de longues jambes fuselées, aux cuisses à croquer, à la peau satinée et très blanche. L’absence de tout bronzage était un détail troublant, mais il ne s’attarda guère dessus. Il remarqua également que toutes ces femmes étaient pieds nus. Comme ils n’étaient pas très propres, cela devait signifier qu’elles marchaient dehors ainsi. Les ongles de leurs orteils, dépourvus de verni, avaient des traces d’usure.
Mais tout le reste, jusqu’à la chevelure somptueuse de certaines femmes, frôlait la perfection et maintenait son érection.
Kaenima lâcha son sexe.
« On commence quand ? questionna-t-il.
— Pas tout de suite. Il y a d’abord certaines choses à apprendre. Pour commencer, tu as un implant dans la tête qui te rendra obéissant.
— Pourquoi voulez-vous que je vous obéisse ?
— Tu prendras du plaisir avec nous et tu nous en donneras. Pour le reste, tu seras traité comme un animal. C’est pourquoi j’ai parlé de te dresser.
— Me dresser, moi ? Vous vous foutez de ma gueule ?
— Non, pas du tout. Et en cas de désobéissance… »
Kaenima porta la main droite à son bracelet gauche. Une douleur épouvantable vrilla le crâne de Mathieu, si fort qu’il poussa un hurlement, puis elle s’estompa. Il ne savait pas comment ce phénomène avait pu se produire, mais la femme aux cheveux noirs y était évidemment pour quelque chose. Une vague de colère ayant éclaté en lui, il se leva pour lancer son poing sur le visage de la playmate, mais elle intercepta sa main, lui attrapa le bras et lui fit une clé. Il se retrouva plaqué par terre, gémissant de douleur. Il avait beau se débattre, rien n’y faisait : la beauté avait des muscles en acier, bien qu’ils fussent beaucoup moins visibles que les siens. Il avait pourtant un corps d’athlète.
« As-tu compris que tu n’es plus sur Terre et que nous ne sommes pas des humaines ? demanda Kaenima d’une voix ferme, quoique sans trace de courroux.
— Oui ! gémit-il.
— Outre le sexe, nous aimons la bagarre. Essaie encore d’affronter l’une de nous et tu verras ce que nous sommes capables de faire. Mais ne voudrions pas t’abîmer sans avoir un peu profité de toi.
— J’ai compris ! Lâchez-moi !
— Tu dois apprendre à dire “ maîtresse ” quand tu t’adresses à moi.
— Lâchez-moi, maîtresse ! »
Kaenima libéra le bras de Mathieu, qui se redressa mais resta à genoux. Il avait sous les yeux les jambes de sa persécutrice, et il s’aperçut qu’elle ne portait rien sous sa robe vaporeuse, mais il avait perdu son érection et ne se sentait momentanément plus attiré par ce lieu fantasmatique.
« Regarde ton bras gauche », lui ordonna-t-elle.
Il lui obéit et vit quelques signes inintelligibles.
« Il est écrit 927F, déclara Kaenima. C’est comme cela que tu seras désigné. Nous ne connaissons pas ton nom d’origine et ne voulons pas le connaître. Donc, quand tu entendras l’une de nous prononcer ce numéro, tu devras répondre présent.
— Oui, maîtresse !
— Maintenant, je vais te conduire dans ton logement. Suis-moi. »
Sur les traces de Kaenima, et suivi par les autres femmes, Mathieu grimpa un petit escalier et quitta le dôme par une ouverture. Il y en avait plusieurs, si bien que cet édifice était ouvert à tous les vents.


Ce qu’il vit dehors lui coupa le souffle et le cloua un moment sur place. Sa maîtresse lui laissa regarder le paysage, qui était indubitablement celui d’un film de science-fiction. Dans un ciel rougeoyant, trônait un soleil plus grand mais moins lumineux que celui de la Terre, que l’on pouvait regarder sans s’aveugler. Ses rayons chauffaient pourtant beaucoup la peau.
Du sol, s’élevaient des végétaux délirants, aux feuilles totalement noires. Ils créaient une atmosphère d’autant plus angoissante que le ciel avait un aspect crépusculaire, même s’il devait être dans les alentours de midi. Les pieds de Mathieu et de ses compagnes foulaient un sol recouvert non pas d’herbe, mais d’une sorte de mousse envahissante, d’où émergeaient çà et là quelques plantes un peu plus claires évoquant des fleurs.
« Alors, tu es convaincu de ne plus être sur ta planète ? demanda Kaenima avec un sourire ironique.
— Ben… On dirait.
— Tu vois ce que vos astronomes appellent une naine rouge. Si elle vous apparaît plus grande que votre soleil, c’est parce que nous sommes très proches d’elle. Elle n’émet pas d’ultraviolets, si bien que l’on peut s’exposer à ses rayons sans risques. Elle chauffe seulement. »
N’étant pas totalement ignare, Mathieu devina que cette étoile émettait beaucoup plus de rayons infrarouges que de lumière. C’était comme s’il y avait eu un radiateur dans le ciel.
Comme pour achever de le convaincre d’avoir changé de système solaire, un vaisseau argenté s’éleva de l’horizon, avec lenteur et grâce. Des reflets rouges luisaient sur sa coque. Il devait être immense mais se trouvait très loin. Mathieu ne pouvait guère en distinguer les détails.
« Viens, lui dit Kaenima. Nous allons marcher jusqu’à chez moi. Pour les petits déplacements, nous utilisons peu de véhicules. Nous ne sommes pas pressés comme vous, les Terriens. »
Mathieu lui emboîta le pas, alors que les autres femmes prenaient des directions différentes. Il se sentait blessé d’obéir à une gonzesse, mais il n’était pas prêt d’oublier la leçon qu’il avait reçue. Mieux valait ravaler sa fierté de mâle que de connaître une nouvelle fois cette torture.
Kaenima ne paraissait pas vouloir le brusquer. Elle avait même l’air plutôt gentille. Si elle voulait obtenir de Mathieu des services sexuels, il lui faudrait bien s’y prendre autrement que par la violence. C’est du moins ce que le jeune homme pensa.
« Maîtresse, est-ce que je peux vous poser des questions ? fit-il.
— Oui.
— Pourquoi avez-vous dit que je serais traité comme un animal ?
— Parce que ce sera le cas. Mais nous ne sommes pas cruelles envers les animaux. Il m’a juste fallu faire une démonstration de force, afin qu’il n’y ait pas de rébellion de ta part. Je sais que chez toi, les hommes sont supérieurs aux femmes. Ici, c’est l’inverse.
— Ah bon ?
— Les mâles n’ont qu’une seule utilité : nous féconder. Ce monde est régi tout entier par les femmes.
— Vous pourriez battre un homme ?
— Je peux en tuer à mains nues. »
Gloups, se dit Mathieu.
D’après ce qu’il avait constaté, cette nana en mini-robe ne mentait pas.
« Mais si tu es obéissant, je serai très douce avec toi, compléta-t-elle.
— Tu veux que je te fasse l’amour ?
— Oui, à moi et à d’autres femmes. Ta fonction sera purement sexuelle, mais à la différence de nos mâles, tu ne pourras pas nous féconder. Nos deux espèces se ressemblent extérieurement mais nos ADN n’ont rien à voir. Il n’y a aucune hybridation possible. Tu ne serviras donc qu’à notre plaisir. »
L’érection de Mathieu commença à revenir.


« Tu as deviné pourquoi je suis ta maîtresse ? reprit Kaenima.
— Non.
— Parce que c’est moi qui t’ai enlevé. Nous nous rendons de temps en temps sur Terre pour trouver de beaux mâles. C’est la seule planète où vivent des êtres aussi semblables à nous. Tu as attiré mon attention quand tu es sorti avec cette jeune fille. Lorsque tu lui as montré ton pénis, j’ai décidé immédiatement que tu m’appartiendrais. »
Devenir la propriété d’une femme parce que j’ai une bite de rêve, pourquoi pas ?
« Je serai logé et nourri ? se renseigna Mathieu.
— Oui.
— Je n’aurai pas de travail à faire ?
— Non, aucun. Notre civilisation est beaucoup plus évoluée que la vôtre, et depuis très longtemps. Les ordinateurs et les robots font presque tout, donc nous consacrons beaucoup de temps à nos loisirs. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas de discipline. »
En marchant sur cette sorte de prairie, ils s’approchèrent de ce qui ressemblait à une ville. Ce n’était pas une cité très exotique. Elle était constituée de bâtiments avec ou sans étage, bordant des rues où la plupart des gens marchaient à pied et d’autres circulaient dans de petits véhicules apparemment électriques. En fait, il n’y avait que des femmes, et elles étaient toutes appétissantes, même celles qui avaient pris un peu d’âge.
Leurs costumes étaient tous aussi légers que celui de Kaenima, blancs ou de couleur claire, et ne descendaient jamais plus bas que les fesses. Certaines étaient nues, surtout quelques femmes enceintes. Dans une cité normale, Mathieu aurait été gêné de se promener en tenue d’Adam, mais avec une telle population, il était aux anges. Il lui fallait tenir son sexe turgescent d’une main pour que celui-ci ne se balançât pas dans tous les sens tandis qu’il marchait. Les regards concupiscents de ces déesses agissaient comme des jets d’huile sur son brasier.
« Pourquoi vous ne mettez pas de chaussures ? s’enquit-il.
— Cela a toujours été ainsi. Chez nous, il n’y a en fait aucune nécessité de s’habiller, puisqu’il fait chaud tout au long de l’année. Nous n’avons pas de saison. Quand on s’éloigne de la ville, on tombe très vite sur des forêts marécageuses où la nudité est de rigueur. Nous sommes de bien meilleurs nageurs que vous. C’est le domaine des mâles et ils n’en sortent que pour copuler avec nous.
— Ils vivent dans les marécages ?
— Oui.
— Et pourquoi pas avec vous ? Vous ne vivez jamais en couple ?
— Jamais ! Les mâles sont beaucoup trop sauvages pour cela. Ils resteraient dans leurs forêts s’ils n’avaient pas les couilles toujours pleines de jus. »
Mathieu s’étonna d’entendre un tel mot dans la bouche d’une femme qui avait l’air très civilisée, et qui disait l’être beaucoup plus que les humains, mais il s’étonna encore plus de l’avoir compris, puisque ce n’était pas du français. En bavardant avec Kaenima, il avait fini par s’apercevoir qu’il prononçait des mots à la sonorité assez bizarre. C’était sûrement un miracle rendu possible par son implant cérébral.


Sa maîtresse franchit un seuil et gravit un escalier, offrant une brève vue de son postérieur à Mathieu qui bandait toujours autant, puis elle entra dans un appartement guère différent de ceux des Français. Il fallait bien qu’il y eût des murs et un plafond, des lits pour dormir et des chaises pour s’asseoir si l’on désirait un minimum de confort, posséder une cuisine, avoir quelques affaires et des meubles pour les ranger – mais l’on voyait qu’ils ne venaient pas d’Ikéa. La touche d’originalité était apportée par la largeur des portes, sur cette planète où tout le monde avait une taille fine, et par l’absence totale de fenêtres. Deux pièces n’avaient pas de murs du côté de la rue ; seules des balustrades empêchaient les chutes.
En y arrivant, Mathieu eut l’heureuse surprise d’y trouver deux jeunes femmes nues, portant des bracelets dont il ne pouvait dire s’ils étaient des bijoux ou des appareils électroniques. Elles avaient des seins bien développés mais comme elles étaient plus petites et moins mûres que Kaenima, elles devaient être ses filles.
« Voilà ce que j’ai ramené de la Terre ! annonça joyeusement celle-ci. C’est la première fois que je vois un phallus comme celui-là. »
L’une des jeunes filles bondit du fauteuil où elle était assise et sauta vers Mathieu en faisant tressauter ses seins. Sa chevelure était plus claire que celle de sa mère, mais elle avait les mêmes yeux en amande.
« Ô maman, je peux l’essayer ? s’exclama-t-elle en saisissant le sexe du jeune homme.
— C’est d’abord à moi, répondit Kaenima.
— Après, ce sera moi, d’accord ? »
La petite main féminine glissait sur le membre boursouflé. Mathieu n’y tenait plus. Se taper en même temps la mère et ses filles ! Cela valait bien une soumission absolue. S’il l’avait fallu, il leur aurait léché les pieds.
Aucun rapport avec cette oie blanche de Julie ! Mathieu aimait certes déflorer des jeunes filles à peine pubères, mais faire l’amour avec une habituée du sexe, cela avait certains avantages. Il imaginait déjà cette chair tendre se convulser sous les assauts de son dard, puis sa peau blanche et satinée se couvrir de jets de sperme.
« C’est votre fille ? demanda-t-il.
— Oui, ma fille aînée. Elle s’appelle Djaena.
— J’ai le droit de la toucher, maîtresse ?
— Moi d’abord. »
Kaenima retira ses habits et sa ceinture pour les mettre sur une chaise, mais elle garda son inquiétant bracelet. Elle écarta sa fille pour tirer Mathieu par son sexe et le conduire dans sa chambre, où se trouvait un grand lit au matelas moelleux et seulement pourvu d’un drap-housse.
Elle s’allongea dessus, les jambes écartées afin de présenter sa vulve dans toute sa splendeur. Le jeune homme s’agenouilla devant cet objet de tentation, qui n’était à première vue pas différent de celui d’une humaine. L’orifice était protégé par des petites lèvres qui s’avérèrent trempées, à la belle couleur rose. On y devinait de minuscules veines gorgées de sang. Mathieu les écarta et enfonça un doigt dans le vagin, faisant tressaillir son amante. Il explora son intimité, puis en regardant plus attentivement le rebord de ce puits, il s’aperçut de l’absence de clitoris.
« Vous n’avez pas de petit bouton ici ? dit-il.
— Nous avons quelque chose comme le clitoris des humaines, mais il est entièrement interne, répondit Kaenima. C’est pourquoi nous ne pouvons jouir que par pénétration.
— C’est plutôt bien pour moi.
— Mes lèvres sont tout de même très sensibles. Lèche-les. »
Mathieu obéit à sa maîtresse sans se faire prier. Le sexe de Kaenima était dépourvu du moindre poil, nullement parce qu’elle s’était rasée, mais parce qu’il était fait ainsi. Ceux des deux filles, venues dans la chambre pour assister à la scène, étaient semblables. Assise sur le lit à côté de sa mère, Djaena maintenait deux doigts dans son vagin tout en se caressant un sein. Les observations de Mathieu l’amenèrent à la conclusion que lorsqu’une femme de cette planète était excitée, son sexe gonflait et rougissait de manière ostensible.
La cyprine de Kaenima avait un goût fruité. C’était très agréable à sucer. Mathieu s’appliqua donc à passer sa langue sur les faces internes de ses petites lèvres, avalant goulûment toutes ses secrétions, puis il s’aventura en profondeur dans le fourreau de la dame, comme s’il y avait été aspiré. Il alla aussi loin que sa langue pouvait le lui permettre et goûta aux parois molles et suintantes, qui réagissaient en tentant de se refermer sur sa langue. Le bassin de Kaenima roula et se souleva, pendant qu’elle émettait une série de gémissements. Elle oscillait de manière erratique sur son lit. Elle referma ses mains sur la chevelure de Mathieu comme pour enfoncer toute sa tête dans son intimité, puis elle la relâcha et parvint à articuler trois mots :
« Avec ta bite ! »

Mathieu retira sa langue, et avec elle, des sécrétions si épaisses qu’elles ressemblaient à de la crème. Il passa un doigt dessus et constata qu’elles constituaient un excellent lubrifiant, puis il se positionna au-dessus de Kaenima et planta son sexe en elle. Ce fut sans aucune difficulté qu’il l’enfonça jusqu’aux testicules. Il avait très bien compris qu’il ne devait pas ménager sa maîtresse et se mit à limer son vagin avec toute l’énergie qu’il pouvait déployer. Elle réagit par des glapissements suraigus et des contractions de muscles. Un moment, elle plaqua ses mains sur les fesses de Mathieu pour accompagner ses mouvements. Puisqu’elle était beaucoup plus forte que lui, elle était capable de le broyer dans ses bras, mais elle se contrôla et cette crainte n’effleura pas l’esprit de Mathieu, tout occupé par son labeur.
Il commençait à se fatiguer quand il sentit qu’il n’était plus capable de retenir son sperme. Il ralentit alors ses coups de piston, mais Kaenima lui cria de les reprendre au même rythme. Obligé de lui obéir, il projeta dans le fond de son vagin de longs jets de semence en poussant une sorte de râle d’agonie, tant sa jouissance était insupportable. Après encore quelques mouvements semblables à ceux d’un animal en train d’expirer, il s’effondra sur son amante, haletant, le corps en sueur. Les seins de Kaenima étaient écrasés contre son torse ; leurs joues se touchaient avec une sorte de tendresse qui contrastait avec la sauvagerie des précédents assauts. Ils restèrent longtemps emboîtés l’un dans l’autre, leurs respirations se calmant progressivement.
Mathieu se serait bien éternisé dans le bas-ventre de Kaenima, mais celle-ci voulut se redresser. Il retira un pénis imprégné de sécrétions plus ou moins crémeuses mélangées à quelques traces de sperme, sur lesquelles il passa prudemment les doigts tout en se mettant debout au pied du lit, mais Djaena se jeta sur lui pour s’emparer de son membre.
« À mon tour ! » s’écria-t-elle.
Elle remarqua cependant très vite que le sexe de Mathieu avait beaucoup ramolli, même s’il n’avait guère perdu de sa longueur.
« Les mâles de la Terre doivent attendre un certain temps avant de recommencer à s’accoupler, expliqua Kaenima. Ils ne sont pas comme les nôtres.
— Pourquoi ?
— C’est comme cela qu’ils sont faits. Ils ne sont pas très résistants, et celui-là moins que les autres, apparemment. »
Mathieu faillit faire une réplique orageuse à Kaenima, mais son pénis donnait cruellement raison à sa maîtresse. Malgré la présence d’une femme et de ses deux filles nues et avides de sexe, il se sentait incapable de rebander.
« Qu’est-ce que vous en savez ? répondit-il en essayant de garder son calme. Vous connaissez vraiment les hommes ?
— Ne parle pas sur ce ton à ta maîtresse ! »
Kaenima toucha son bracelet, ce qui poussa Mathieu à s’excuser.
« Et ne me prends pas pour une ignare, continua-t-elle. Comme je ressemble beaucoup à vos femelles, il m’est arrivé de me faire passer pour l’une d’elles et de m’accoupler avec des mâles. Je les connais donc très bien. Durant certains de mes voyages, je suis restée plus d’un mois sur Terre. »
Elle quitta son lit.
« Puisque tu es devenu inutile, je te laisse faire ce que tu veux, mais ne quitte pas mon appartement sans mon autorisation. Si tu le fais, tu seras puni. »

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