Désirs de nymphes – 4

Il est possible que je rêvai de Didier, mais je n’en gardai aucun souvenir. À mon réveil, le soleil s’était levé depuis longtemps : il était neuf heures. Je me remis rapidement sur mon séant, et en voyant ma nouvelle chambre, tous les souvenirs de la veille me revinrent en mémoire. Je passai les mains sur ma poitrine et mon ventre, qui me semblaient avoir été légèrement transformés, comme si j’étais devenue une autre femme, mais cette impression devait être subjective. Si métamorphose il y avait, elle était de nature psychologique : j’avais basculé dans le libertinage, avec une forte envie de retrouver Didier et son phallus. J’avais la certitude qu’il était nu et en érection, quelque part dans cette maison, peut-être en train de m’attendre.

J’ouvris la fenêtre, en faisant entrer un ondée de rayons de soleil, et je pris la direction de la salle de bains. Derrière moi, je refermai inutilement la porte, puisque tout le monde pouvait l’ouvrir, et m’assis sur la cuvette.

Didier arriva quelques secondes après, nu et tenant son pénis en érection comme pour se masturber. Il se plaça devant moi sans aucune gêne.

« J’aime regarder les femmes pisser, expliqua-t-il.

— Ah !… Et pourquoi cela ?

— Parce que j’aime les femmes… Tu peux écarter les cuisses ? »

Je lui obéis pour éjecter un jet d’urine sous son regard intéressé.

« Voilà. Je peux avoir un peu d’intimité ? demandai-je.

— Fais ta toilette et rejoins-nous dans la cuisine. »

Je le rejoignis lavée mais pas maquillée, et toujours pas habillée. Judith se trouvait avec lui et j’appris que Chloé et Sylviane, levées bien avant moi, étaient au bord de la piscine.

Une tasse de thé, un verre de jus d’orange, du pain, du beurre et de la confiture furent posés devant moi. Je me mis à manger seule.

« Alors, quelles sont les explications ? fis-je.

— Les explications des performances sexuelles de Didier ? demanda Judith.

— Pourquoi n’est-ce pas lui qui parle ?

— Il est simplement moins bavard que moi. Ce n’est pas un être humain. Moi non plus, d’ailleurs.

— Ah bon ?

— Ce n’est pas évident ? D’après ce que tu as vu hier soir, qu’est-ce que tu dirais de lui ?

— Qu’il est presque tout le temps en érection et qu’il éjacule beaucoup.

— Cela te fait penser à quelle créature mythologique ?

Un satyre ?

— C’est presque ça. Les satyres sont des souvenirs déformés de gens comme lui. Il n’a pas de pieds de bouc ni d’oreilles pointues. Un bipède ne pourrait pas marcher avec de tels pieds. »

Je regardai Didier, qui m’offrit un sourire.

Bon. Admettons que c’est un « vrai » satyre.

« Alors ta seule fonction, c’est le sexe ? m’enquis-je.

— Les satyres sont des êtres primordiaux, répondit Judith. Ils sont les pères de tous les êtres humains. Donc oui, le sexe est pour eux une fonction très importante, mais ce n’est pas la seule.

— Et toi, qu’est-ce que tu es ?

— Une nymphe.

— Une nymphe ?

— Oui. Les satyres et les nymphes, ça va ensemble.

— Attends… Tu m’as dit que les satyres sont les pères de tous les êtres humains. Qu’est-ce que cela veut dire au juste ?

— Au début, il n’y avait que des satyres et des nymphes. Leurs descendants, après un certain nombre de générations, sont devenus des hommes et des femmes.

— Et la théorie de l’évolution, qu’est-ce que vous en faites ? Excuse-moi, mais je suis étudiante en biologie.

— Oui, je la connais… Tout ce que tu as appris sur l’évolution des espèces est exact, sauf l’apparition de l’Homme. On peut dire qu’il descend des animaux, mais pas de la manière que vous croyez.

— Hum…

— Il y a en réalité beaucoup de choses que vous ne comprenez pas. Es-tu capable de me dire comment la vie est apparue sur la Terre ?

— Non, reconnus-je.

— Il en est ainsi de plein d’autres choses, crois-moi.

— Mais les crânes d’hominidés, qu’est-ce que vous en faites ?

— À cette époque, il s’est passé un évènement qui échappe aux paléontologues : l’apparition des satyres et des nymphes, grâce à l’énergie sexuelle et l’intelligence qui animent la vie. Leurs fossiles ne seront jamais retrouvés pour la simple raison qu’ils ne sont pas morts. Du moins, aucun satyre n’est jamais mort.

— Et les nymphes ?

— Elles ne vieillissent pas mais il peut leur arriver des accidents. En moyenne, elles vivent tout de même très longtemps : au moins plusieurs millénaires. »

Intéressant, si c’est vrai.

« Nous sommes vos ancêtres, insista Judith. Pourtant, l’union entre un satyre et une femme est stérile, c’est pourquoi tu ne risques pas d’être enceinte.

— Ou entre une nymphe et un homme ?

— Oui.

— Tu couches avec des hommes ? »

Judith balança la tête.

« Ça m’arrive, mais je préfère les satyres et je vis en ce moment avec Didier.

— Je peux comprendre cela… »

Difficile de trouver un amant comme Didier parmi les hommes.

« Et lui, pourquoi ne peut-il pas se contenter des nymphes ?

— Tout simplement parce que nous ne sommes pas assez nombreuses. Comme je te l’ai dit, nous pouvons être tuées. Mais un satyre peut transformer une jeune fille en nymphe au bout d’un certain temps. »

Oh mon Dieu !

« Alors vous voulez que moi, et Chloé, et… nous devenions des nymphes ?

— C’est cela.

— Et comment comptez-vous faire ?

— Il suffit de boire leur sperme. »

Mon expression fit pouffer de rire Judith.

« Avec le temps, c’est devenu un élixir d’immortalité, expliqua-t-elle. Il ne sert plus à créer la vie, mais à la maintenir. Bois-en beaucoup et tu ne mourras pas, sauf par accident. Mets-en sur ta peau et elle conservera toute sa fraîcheur. Tu seras plus belle que toutes les femmes.

— Alors je dois faire comme dans les films pornos ?

— Si tu le veux. Tu peux aussi demander à Didier de te remplir un verre. Je ne sais pas si tu t’en es rendu compte hier soir, mais son sperme n’a pas la même odeur que celui des hommes. Il est sucré au lieu d’être salé et son goût est très agréable. »

Je jetai un coup d’œil dubitatif sur Didier, qui me répondit par un nouveau sourire.

« Qu’est-ce qui se passe ? lui lançai-je. Tu as perdu ta langue ?

— Non, mais Judith explique tout très bien, alors je la laisse parler.

— Tu racontes des mensonges aux jeunes filles pour les faire venir chez toi ? Tu n’es pas ingénieur en aéronautique, n’est-ce pas ?

— Non, mais j’en ai bel et bien les connaissances. C’est une autre caractéristique des satyres : ils savent beaucoup de choses.

— Ils ont également des pouvoirs magiques, compléta Judith. Ça leur permet de se protéger.

— Et vous, les nymphes, est-ce que vous avez des pouvoirs ? m’enquis-je. J’aimerais bien !

— Tu connais ce que l’on appelle l’intuition féminine ? C’est un héritage des nymphes, ou un caractère ancestral, comme on le dit en biologie. Je me trompe ?

— Non.

— Ces caractères sont plus prononcés chez certaines femmes que d’autres. Ce qui est le plus facilement reconnaissable, c’est la beauté. Mais c’est aussi l’intelligence. Karine, il y a en toi des caractères de tes ancêtres nymphes qui sont réapparus. C’est pour cette raison que nous t’avons choisie : tu es déjà un peu nymphe. »

Je pris un moment pour digérer cette information et pour avaler du pain.

« Est-ce que les nymphes sont nymphomanes ? m’enquis-je.

— Oui. L’appétit sexuel est un critère de reconnaissance.

— Dans mon cas, il est faible. J’aime le sexe, mais…

— Il s’est réveillé dès ton arrivée dans cette maison. C’est pourquoi tu n’as pas eu de difficulté à accepter ce que tu as vu ici, et à adopter notre mode de vie. »

Le regard de Judith se baissa sur ma poitrine.

« Je vois que tu es très à l’aise comme ça, dit-elle.

— Chloé et Sylviane étaient comme moi ?

— Quand elle est arrivée ici, Chloé se tapait un garçon tous les jours. Je peux te dire qu’elle avait une libido élevée, mais c’était également une fille très intelligente et instruite. À présent, elle est déjà presque une nymphe.

— Donc, nous avons été sélectionnées… Par qui ?

— Par moi. J’ai su qui tu étais dès que j’ai entendu ta voix au téléphone.

— Tu savais que j’étais une belle fille ? Et tout et tout ?

— C’est l’intuition féminine. »

J’avais simplement trouvé l’adresse de ce couple dans un site Web et je lui avais téléphoné. Ainsi, tout s’éclaircissait.

Mes yeux se baissèrent sur l’endroit où mes cuisses se rejoignaient.

« Alors à partir de maintenant, je vais me comporter comme une nymphomane, dis-je.

— Ce n’est pas pathologique, corrigea Judith. Tu auras juste besoin de faire l’amour plus souvent.

— J’ai bien compris. »

Je levai un œil sur Didier pour lui dire :

« Alors le programme de mes vacances, c’est de me faire sauter par toi ?

— Oui, mais pas seulement. Tu es venue pour nager ?

— Oui.

— Alors je te conduirai à la plage, comme prévu.

— Des vacances ordinaires, quoi.

— Presque. Tu apprécies ma manière de baiser ?

— J’ai l’impression que tu aimes être brutal.

— Ça te déplaît ?

— Non.

— Avec moi, tu auras un orgasme à tous les coups. Tu verras cela.

— Ouais… Et ensuite, qu’est-ce que nous ferons ? Tu aimes la polygamie, Didier, mais ce n’est pas mon truc.

— Les satyres et les nymphes ne se marient pas, rectifia Judith. Je suis avec Didier depuis quelques années, ce qui est très peu dans une vie comme la nôtre.

— Tu es née quand ?

— Je suis nymphe d’origine. Cela remonte à plus de deux cent mille ans. »

Cette information me laissa sans voix pendant un petit moment.

J’en profitai pour terminer mon verre de jus d’orange.

« Voilà ce que nous te proposons, reprit Judith. Mais il y a quelques inconvénients : puisque nous sommes immortels, nous ne pouvons pas cohabiter avec les êtres humains. Nous avons un monde à nous, auquel on accède par une porte. Il est très différent du vôtre.

— Vous vivez nus en pleine nature ? supposai-je.

— Oui, comme des animaux. Nous ne possédons rien.

— C’est une sorte de jardin d’Éden ?

— On peut dire cela. Nous nous nourrissons de fruits et de racines et nous buvons de l’eau douce. Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, il y fait toujours très chaud : plus de trente degrés. C’est pourquoi les vêtements ne sont pas nécessaires.

— Je peux le visiter ?

— Une seule fois. Les allers-retours continuels entre les deux mondes ne sont pas permis.

— On peut y aller aujourd’hui ?

— Si tu le veux. Didier t’y emmènera. »

Mon cœur battait à tout rompre.

Étant très rationaliste, vingt-quatre heures auparavant, je n’aurais pas cru un mot de ce que Judith venait de me dire. Quand je serais dans ce jardin d’Éden, le doute ne serait plus permis. Je m’attendais à découvrir un monde où les gens n’avaient pas d’autre occupation que de se promener et faire l’amour. En un mot, le paradis.

Décider d’y vivre, ce serait malheureusement une décision difficile à prendre. J’habitais chez des parents qui m’aimaient beaucoup et désiraient me voir rester à leurs côtés. J’étais bien insérée dans la société, si bien que je ne pouvais pas disparaître ainsi.

Attends de voir ce monde et tu y réfléchiras ensuite, me dis-je.

Judith et Didier me regardèrent comme s’ils étaient en train de lire dans mes pensées. Ils ne cherchaient pas à influencer ma décision.

« Comment un tel monde peut-il exister ? demandai-je à voix basse. Un monde où l’on ne connaît que des plaisirs.

— Nous sommes des divinités, répondit Judith. Des divinités inférieures, mais des divinités quand même.

— Vous n’êtes jamais malades ?

— Non.

— Et je peux devenir une divinité à part entière ?

— Il te suffit de te soumettre aux satyres. Tu as remarqué que ce sont des êtres assez bruts.

— Pour ne pas dire brutaux », opinai-je.

Je regardai le torse musclé de Didier.

« Ils sont doués d’une grande force physique, renchérit Judith. Aucun homme ne peut se confronter à eux.

— Bien… Alors, on fait comment ? J’imagine que je n’ai pas de valise à emporter.

— Non, mais il y a un rituel à accomplir. »

Didier se leva en me présentant, comme la veille, son pénis en érection. Certaines filles auraient sûrement eu du mal à accueillir un tel instrument en elle, mais pas moi. Je savais que j’étais faite pour cela, et ce n’était pas un hasard.

Agenouillée devant lui, je pris ce phallus entre mes doigts et refermai mes lèvres sur le gland, comme Judith l’avait fait la veille au même endroit.

« Cela te fera penser à de la pornographie, mais ça n’en est pas, déclara celle-ci. Tu n’as pas besoin d’avaler son pénis. Il te suffit de le caresser pour provoquer l’éjaculation. Tu ne seras pas sodomisée. Les satyres ne s’intéressent pas à ton anus. Mais des douches de sperme, tu en auras à volonté. »

J’avais commencé la fellation en faisant aller et venir ma main le long de la tige. Je m’étais immédiatement rendu compte que ce bel engin n’avait pas la même odeur qu’un pénis habituel, ni le même goût si je puis dire – je ne l’avais pas croqué bien que j’en eusse envie. L’avoir en bouche était un vrai plaisir, si bien que j’essayai de le faire entrer assez loin dans mon orifice buccal. Loin de s’en plaindre, Didier me prit par les cheveux et poussa de lui-même son membre, de manière lente mais autoritaire.

La force brute…

Je n’avais rien contre cela, pourvu qu’il y eût du plaisir à en tirer. Mais comme toute femme normale, je rêvais aussi d’étreintes tendres. Cela ne paraissait apparemment pas possible avec les satyres. Les promenades romantiques au coucher du soleil, ce ne devait pas être leur genre. Ils n’avaient pas l’air de se soucier de leurs partenaires, sauf pour leur procurer un plaisir purement sexuel. Qu’en pensaient les nymphes ? Je n’avais pas entendu Judith s’en plaindre, et j’étais appelée à devenir comme elle après ma métamorphose.

Didier faisait aller et venir son phallus dans ma bouche avec un rythme accru. Je m’efforçais de bien le serrer entre mes lèvres et ma langue ; de la salive me coulait sur le menton. Le satyre finit par retirer son sexe et le serrer dans sa main droite.

« Ouvre ta bouche », ordonna-t-il.

Je lui obéis et reçus un abondant jet de sperme, peut-être dix fois plus que celui d’un homme. On aurait cru qu’il m’urinait dessus. J’en eus plein sur la langue, mais aussi sur le visage, où cette substance se mit immédiatement à dégouliner.

« Ce n’est pas la peine de fermer les yeux, dit Judith en s’approchant de moi. Ce liquide ne peut avoir que des effets bénéfiques. »

Elle l’étala sur mon visage et sur mes seins. Je me décidai à refermer la bouche pour avaler ce qui était tombé dedans. Comme l’avait dit Judith, c’était sucré et pas désagréable du tout, bien que d’un goût indéfinissable. C’était toutefois plus épais que du jus de fruit, comme le sperme d’un homme.

Je terminai moi-même l’application de cette substance sur ma peau.

« Ça n’agit pas immédiatement, poursuivit Judith. Tu verras les changements au bout de quelques jours. Tu es déjà belle mais tu le deviendras encore plus.

— Tout à l’heure, à mon réveil, je me sentais déjà différente.

— C’est possible, mais attends pour voir. »

Quelle bonne manière de terminer son petit-déjeuner !

Cette façon de dispenser les bienfaits pourrait paraître assez offensante, mais je comprenais que les satyres, qui ne possédaient rien d’autre que leurs corps, ne pouvaient pas agir autrement. Ils n’avaient pas de matériel pour préparer leurs élixirs.

Après le départ de Didier, Judith me donna quelques conseils :

« Partir là où tu vas aller, c’est disparaître de ce monde. Il vaut mieux dire à tes proches que tu vas te rendre dans un endroit où tu n’es pas joignable. Normalement, cela dure un jour et une nuit. Didier reviendra te chercher demain matin.

— D’accord, je vais téléphoner à ma mère. J’aurais dû le faire hier soir, mais… »

À cause de ces évènements imprévus, j’avais complètement oublié de donner des nouvelles.

« Lave-toi les mains mais garde le sperme sur ton visage et ta poitrine, reprit Judith. Il sera absorbé par ta peau.

— Ce sera tous les jours comme ça ?

— Oui. Chloé et Sylviane ont reçu leur dose à leur réveil. Avant ton départ, enlève tout ce que tu as sur toi. Ne porte aucun bijou, ni même de maquillage. Tu dois être nue comme au jour de ta naissance.

D’accord… Euh, les couronnes sur les dents, on peut les garder ?

— Les satyres te rendront des dents saines.

C’est super !

— Le sperme que tu as avalé commence déjà à agir. »

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